Plume mécanique

Où en étions-nous, déjà? Ah, oui ! Voici ce qui arriva ensuite…

Ultraviolet Grasslands — Découvertes et divagations

2022-02-09 6 Min. lecture Notes De Joueur

Avancée

Une carte monochrome, centrée sur la haute route et la basse route. Il s’agit de la première étape après la Cité Violette.

Journal de Blue

Le voyage

Il fait tellement chaud ! A peine partis, nous avons eu droit à une tempête de cendres. Ça s’est infiltré partout sous nos vêtements, c’était horrible ! On a pris plus de temps que prévu, s’arrêtant pour nettoyer lorsque la cendre devenait trop invasive.

Au bout d’une semaine et quelques jours, nous avons fini par arriver à la tombée du jour au croisement de la Haute Route et de la Basse Route. Il y avait plusieurs feux de camp et une foule de voyageurs. On aurait dit un marché: il y a des étals, des gens qui discutent ou qui négocient, des danseurs et des conteurs !

J’ai même vu un vieillard danser comme un enfant, parce qu’il a visité l’aiguille cristalline. Il y a bien un monument pas très loin. Mais il me fait penser à une main plutôt qu’une aiguille. Et il n’est pas cristallin du tout. Je demanderai plus tard s’il s’agit bien de ce lieu.

La disparition

Le lendemain matin, nous avons perdu de vue Konan. La veille, il était là. Et au matin, son paquetage avait disparu. Nous étions inquiets et nous avons cherché un peu partout. Mais aucune trace.

Au bout d’un moment, une personne un peu étrange nous a dit avoir vu notre compagnon. Il s’est dirigé très tôt vers le monument en forme de main. Nous avons passé la journée autour, à chercher ses traces de pas. Je crois qu’il est allé par là, mais qu’il n’est pas revenu.

C’est là que j’ai entendu une musique. Enfin, une sorte de mélodie qui viendrait du monument. Ed a écouté les dunes pour en savoir plus et ça nous a mené vers un trou dans le mur. Dame Rüe s’est faufilée dedans, pendant que je tenais son coussin.

Elle s’est agitée assez vite et je l’ai sortie à toute vitesse. Elle nous a dit que si Konan était passé par là, alors il y a peu de chances qu’il ait survécu. En tout cas, sous sa forme physique. Il parait que le monument permet de transformer les gens en fantômes.

Dame Rüe a voulu terminer le voyage plus vite, en utilisant la même méthode. Mais je n’ai pas voulu. Mon corps est dur à porter, mais je ne pense pas que ce soit la guérison dont la vraie mère a parlé. Et si je deviens un fantôme, comment Och-Kan pourrait me revoir ?

Autour du feu

Au soir, nous avons été regardés un peu bizarrement. Il parait que ce n’est pas très poli de marcher là où les gens ne marchent pas. Je crois qu’on a été grossier en explorant le monument. Mais qu’ils pensent ce qu’ils veulent, nous avons bien fait !

J’étais en train de rêvasser autour du feu lorsqu’une marchande est passée. Elle voulait nous vendre de la porcelaine sanguine, une sorte de pigment rouge sang. Elle en avait partout, surtout sur les mains. J’en ai eu aussi lorsque je l’ai saluée.

Elle nous a appris que, pas très loin, il y avait une sorte de colline creusée, qui s’appelle la couronne blanche. C’est de là qu’elle tire sa porcelaine sanguine et elle nous a même proposé de venir creuser, si on voulait. Il y aurait même des trésors !

Dame Rüe n’a rien dit de particulier, mais j’ai vu sa queue s’agiter. Je crois qu’elle a envie d’y aller. À moins que ce ne soit l’effet du café ?

La couronne blanche

Au matin, nous sommes partis vers le sud-ouest, vers la couronne. Au loin, nous avons vu une étrange machine se diriger vers l’ouest. Ça ressemblait à une sorte de bateau avec de longues pattes. Tout autour, il y avait des voyageurs. Je crois que certaines étaient des princes de porcelaine. Je me demande s’il y a aussi des princesses de porcelaine ? Mais ils étaient trop loin pour que je leur pose la question.

Nous avons mis un peu moins d’une journée pour atteindre la couronne blanche. A son sommet, nous avons trouvé la concession de la marchande. Je crois que j’ai oublié son nom.

En descendant vers le fond, nous avons compris pourquoi le lieu s’appelle la couronne blanche. Le minerai qui contient la porcelaine sanguine est blanc. Et en creusant pour trouver cette dernière, un amas blanc fini par s’accumuler autour de la colline.

Il y aussi d’autres habitants: des sortes de chiens, qui vont en meute et qui étaient assez curieux. Mais ils ne se sont pas approchés de nous.

Nous avons visité la marchande, qui nous a gentiment expliqué comment creuser. Elle nous a même prêté sa machine pour extraire la porcelaine sanguine !

Le trou

Au fond du cratère, il y avait un trou. Un trou immonde, sale et humide, remplis de bouts de vers et de moisissures, sans rien pour s’asseoir ni se nourrir.

Et sans qu’on s’en rende compte, nous avons décidé de descendre pour l’explorer. Enfin, d’abord moi. Parce que tout le monde est plus lourd que moi. Sauf Dame Rüe, mais elle n’a pas de pouce. C’est moins pratique pour descendre.

C’est Basile qui a tenu la corde pendant que je descendais. C’est aussi Basile qui a lâché la corde en question. Sûrement parce qu’il est âgé, pas parce qu’il l’a fait exprès.

Pendant la chute, j’ai détendu mon corps, comme j’ai appris dans un livre. Je ne sais pas si ça a été utile, parce que j’ai entendu quelque chose craquer. Mais je n’ai pas eu très mal.

Le temps que tout le monde descende pour voir si j’allais bien, j’ai regardé autour de moi. Une sorte de fissure était ouverte devant moi, suffisamment grande pour y passer à deux de face. Je crois qu’il y a aussi quelque chose plus loin, mais je n’ai pas pu regarder.

Ed et moi avons décidé d’explorer la fissure, pendant que Dame Rüe faisait le gros dos à Basile. Je n’avais pas très envie d’être là pendant qu’il se faisait rabrouer. Au bout d’un moment, nous avons trouvé des champignons. Mais pas du genre comestibles !

C’était des champignons corail. En forme de sphère, très fragiles et contenant plein de spores volatiles. Celui ou celle qui s’en approche est aussitôt contaminé. Une sorte d’armure de corail pousse sur son corps. Il parait qu’au bout d’un moment, la malheureuse personne peut même communiquer avec les champignons. Une bien maigre compensation.

Nous avons fait demi-tour.

L’ancien occupant

A notre retour, Dame Rüe est Basile ont disparu. Ils se sont aventurés plus loin, à l’opposé de la fissure. Nous les avons suivis avec une lanterne et nous sommes tombés sur un énorme squelette: celui du ver des dunes qui a creusé ce trou.

Il y avait aussi des sortes de chauves-souris et des créatures étranges. Ed a essayé de les attirer avec une machine qui fait du bruit. Les créatures se sont approchées, ont joué avec la machine jusqu’à l’éteindre puis sont partis. Les chauves-souris n’ont pas réagi.

Nous avons enlevés les dents du ver des dunes. Il parait que ça peut se revendre cher et nous aurons besoin de provisions pour la suite du voyage. Ça a pris beaucoup de temps, mais ça en valait la peine. Au petit matin, nous avons même trouvé des lièvres éventrés à proximité de notre campement. Est-ce que c’était les chiens ?

Nous avons offert une dent à la marchande, pour la remercier de nous avoir accueillis et aidés. Puis nous sommes repartis vers l’ouest.