Ultraviolet Grasslands — La piste des rêves Vomes
Avancée

Journal de Blue
Sur la route
Lorsque j’ai ouvert les yeux, nous étions déjà loin de la Citadelle. À travers les couvertures, j’ai entendu dame Rüe se plaindre d’une épine. Je crois qu’elle s’est fait mal en marchant dessus. La pauvre ! En tout cas, j’ai appris de nouveaux mots.
Hormis cet événement, nous n’avons croisé personne. À croire que nous étions les seuls êtres vivants à parcourir cette route. En même temps, c’est un peu normal: nous allions vers la piste des rêves Vomes.
C’est plutôt une bonne nouvelle, non ? Si les vomes peuvent rêver, alors peut-être qu’on pourra discuter avec. Et ils m’expliqueront comment équilibrer mon corps.
Autre bonne nouvelle, j’ai de moins en moins mal le matin. Ma boîte de pilules ne me quitte pas, mais je n’y ai plus touché depuis la citadelle.
Spirale de verdure
Quelle étrange vision ! Au beau milieu du désert, alors que les chardons et les cactus semblent être les seuls à survivre, un amas de verdure défie le sable.
C’est une véritable spirale de verdure. En son centre, quelque chose semble bomber un peu le sol. Et à l’extrémité, de la fumée s’échappe.
Comme nous ne nous décidions pas, Dame Rüe a pris les devants. Nous irions d’abord à l’extrémité de la spirale, même si cela prend quelques jours. Ensuite, nous remonterions jusqu’au centre, traversant les sections de verdure une à une.
Elle a eu l’intuition juste: nous avons rencontré de moins de plantes et d’animaux. Enfin, si on peut appeler ça de la faune et de la flore. Chaque être vivant possède une partie mécanique.
Des plantes aux pistils métalliques, des insectes munis d’ailes plastiques, des fruits qui émettent un tic tac lorsqu’on en approche.
La source
La voici. La source de toute cette folie mécanique. La source de la vomification.
Elle est immense et munie de multiples roues. Elle avance lentement et laisse derrière elle une tranchée suintant un liquide verdâtre, iridescent et fumant…
Je crois que c’est une machine. Elle a des roues et des pièces métalliques. Mais quelque chose en elle me rappelle une sorte de baleine.
Sur sa peau courent de multiples araignées. J’ai essayé d’en attirer une, lorsque j’ai sauté sur la bête. Je crois qu’elle ne me déteste pas. On dirait des poissons pilotes. Vous savez, ceux qui vivent en communion avec une créature plus grande !
Acrobaties
Yaaah !
C’est le bruit qu’ont fait de petites créatures, en sautant sur la machine. Lancées depuis une catapulte déguisée en palmier, elles sautent sur la machine et lui enlève des morceaux !
C’est humanoïde et ça n’a pas l’air agressif à notre égard. Mais les araignées n’ont pas aimé les intrus et se sont jetées dessus. Les humanoïdes miniatures sont terriblement agiles. En un coup d’œil, ils sont capables de sauter de rouages en rouages, leur butin à la main.
D’en haut, j’entends dame Rüe me crier d’attraper le petit dernier de le jeter au sol. Je ne sais pas trop pourquoi, mais elle a sûrement une bonne raison. Je le saisis et le lance. Il atterrit lestement au sol et je vois qu’il se prépare à se battre contre Ed.
De mon côté, j’essaie de réparer comme je peux les dégâts. Mais je crois que c’est au-delà de mes moyens. L’araignée que j’ai voulu adopter tout à l’heure m’a un peu tâté le bras, mais elle est partie aussitôt. C’est dommage.
Les myrmidons
Lorsque j’ai regardé à nouveau en bas, l’humanoïde s’est déjà éloigné. Au sol, la machine d’Ed émet une sorte de musique au rythme étrange. Je crois que ça s’est réglé sans violence. Enfin, autre qu’auditive.
Nous nous sommes alors approchés de la catapulte et du groupe. Après un début de conversation un peu compliqué, nous avons appris pas mal de choses.
La créature s’appelle Johnny Seven. C’est un autofac, que les myrmidons (c’est comme ça qu’ils s’appellent) tentent de démonter pour des recherches.
Ils sont étranges, ces myrmidons. Ils ont cru que j’étais une machine. Pourtant, ils semblent agir de concert. Comme s’ils étaient connectés entre eux. Mais pas comme les princesses de Porcelaine.
Après ça, nous sommes allés vers le centre de la spirale.
Mutations et péripéties
Il est arrivé des bricoles. Ed et dame Rüe ont marché dans le liquide vert. Pourtant, ce n’est pas compliqué d’éviter de marcher dedans. Il suffit de faire attention aux fourmillements lorsqu’on s’en approche.
Mais je crois être la seule personne à m’en être rendu compte, alors je n’ai rien dit. Au bout de plusieurs minutes, Ed et dame Rüe ont développé… une paire d’ailes. Dame Rüe était heureuse de pouvoir voler mais Ed n’a pas apprécié. Je trouve ça drôle, mais j’ai caché mon sourire.
À l’intérieur de la spirale
Peu de temps après, nous sommes tombés sur une machine couchée sur le dos. L’espèce de bateau quadrupède que nous avions vus en partant de la couronne blanche.
A l’intérieur, dame Ed a trouvé un sac de pierres précieuses. Mais le plus précieux, c’était un sarcophage. Il contenait une jeune fille en toge blanche, avec une couronne métallique. Sur la couronne, il y a comme des points de fixation, pour y accrocher… quelque chose ?
Elle est vraiment jolie, avec son teint étrange et ses lèvres si…
En appuyant sur un bouton, elle s’est réveillée. Elle s’appelle Rosa et elle avait un contrat avec la citadelle de Porcelaine. Je crois qu’elle a accepté de l’argent pour louer son corps.
Mais vu la poussière sur la machine, elle est persuadée que son contrat est annulé. Elle a même suggéré que sa tête pouvait être mise à prix. Nous allons la prendre avec nous. Elle restera endormie et nous la transporterons. Il y a même des poignées sur le sarcophage.
L’œil du cyclone
Nous sommes finalement arrivés au centre de la spirale. Un dolmen en pierre claire trône sur un sol surélevé. Dans les broussailles, j’ai vu des créatures de la taille d’un chien, mi-organique mi-machine.
J’ai voulu en surprendre une, en me posant à l’écart. Mais mais c’est l’une d’entre elles qui m’a surprise, lorsque je l’ai entendue respirer juste derrière moi.
J’ai pu voir de plus près qu’il s’agissait d’une sorte de bousier, mais en plus gros. Deux gros périscopes sortent de sa tête, comme pour remplacer ses yeux. Et elle a une parabole sur la tête.
Je ne sais pas pourquoi, mais elles semblaient hypnotisées par… moi ? J’ai approché le dolmen et elles m’ont incitée à les suivre dans une sorte de tunnel, parcouru de cordages métalliques.
Nous avons sauté dedans et atterri dans un grand hall. Il y avait des traces de mandibules sur les murs et l’effervescence régnait. Un petit vome a pris les devants, comme pour nous guider.
Raptor !
Un autre vome s’est approché. Bipède, il a de petits bras et une sorte de trappe sur le torse. Un pulvérisateur est sorti de cette dernière. Je n’ai pas bougé. Ed a préféré éviter, tandis que dame Rüe a accepté la pulvérisation.
Ed a dû s’y reprendre à plusieurs fois pour éviter le liquide étrange et qui tâche nos pantalons. Mais le vome a fini par abandonner.
Nous avons ensuite exploré les lieux. Nous avons découvert trois couloirs et une trappe similaire à la première. Ed s’est heurtée à plusieurs reprises contre les autres vomes, comme s’ils ne semblaient pas la voir.
Descente
Lors de la descente, la chaleur et l’humidité ont augmenté. Un bruit sourd comment à se faire entendre, comme s’il y avait une usine.
La petite salle dans laquelle nous sommes finalement arrivés était carrée. C’est alors que nous vu la source du bruit: une autre bête, qui rappelle Johnny Seven, l’autofac à la surface.
Contrairement à Johnny Seven, il ne bouge pas. Un tapis roulant lui apporte des matériaux collectés par les vomes tandis que les produits passent dans une salle adjacente et au niveau du dessus.
L’un des vomes a d’ailleurs pris Ed pour la mettre sur le tapis roulant. Ils se sont débattus mais Ed a fini par l’emporter. Nous avons alors suivi les tuyaux vers la salle adjacente.
Le nid
La pièce dans laquelle nous sommes arrivés était large et basse de plafond. Et en son centre dormait une large créature de la taille d’un éléphant.
Elle avait un museau canin, des cornes de bélier, trois yeux et des bosses luisantes un peu rosâtres.
Je ne sais pas ce qui l’a réveillée, mais elle a pointé une sorte de lumière vers nous. Dame Rüe s’est interposée, après avoir bu une sorte de potion qui l’a rendue toute argentée!
La créature s’est arrêtée net. Elle et dame Rüe ont commencé une sorte de manège, comme si elles discutaient. C’est alors que nous avons entendu la voix de la Reine dans notre tête.
Pardon, ce n’est pas très poli de ne pas vous avoir inclus.
Reine mère
Dame Rüe: Qui êtes-vous ?
Je ne suis pas censé être.
Nous sommes un nid mais j’ai su me différencier des autres.
Moi: Vous connaissez Johnny Seven ?
Ah, vous avez rencontré Johnny Seven !
Le pauvre, il perd ses fluides
Ed: Vous pouvez me débarrasser de ces ailes ?
Je peux modifier le code source, mais je ne garantis pas le résultat.
Johnny Seven a-t-il trouvé un animancien ?
Moi: J’ignore s’il en reste.
Même si je suis différente, je n’ai toujours pas d’âme.
Il faut que je demande à la vraie mère.
Lorsque j’ai creusé le nid, j’ai trouvé un cercle de cristal. C’est alors que la vraie mère m’a déconnectée et demandé de lancer Johnny Seven.
Le cercle de cristal est dans la nurserie. Nous avons eu la permission de la reine pour voir le cercle, à condition de ne pas déranger les nourrissons.
La question
J’ai demandé s’il était possible de stabiliser la transformation en vome. La reine m’a répondu que c’était peut-être possible, mais que ce savoir est désormais perdu.
Ce n’est pas surprenant, même si j’avais quand même un petit espoir.
Le cercle de cristal
A l’intérieur de la nurserie, un grand cercle de cristal tourne sur lui-même en vibrant. Il semble comme chanter. Et à l’intérieur, il diffuse une image de l’extérieur.
On voit une plaine plate désertique, avec une petite bosse. Une lune gigantesque est perchée à 10 mètres du sol, une sphère parfaite qui aurait pu être une chaise.
C’est un lieu que certains d’entre nous connaissent, qui se trouve loin, très loin dans les prairies à l’ouest: la Lune Proche.
Comme un air de déjà-vu
Dame Rüe a voulu passer sa tête dans le disque. C’est plus compliqué qu’avec le monument en forme de main. D’ailleurs, j’ai trébuché et laché dame Rüe à travers le portail.
Au bout de longues minutes, elle est revenue. Sur sa fourrure, l’odeur d’ozone semblait s’accrocher. Elle nous a alors confiée ce qu’elle a vu, mais également la vision qui s’est imposée à elle.
La vraie mère sur son trône.
Un cataclysme se produit.
Le trône se disloque et une sphère en émerge.
Cette sphère traverse le cosmos et arrive aux prairies ultraviolettes.
Dans l’attente d’un nouveau cataclysme.
Ligne de commande
Je suis retournée voir la Reine, pour lui demander ce que signifiait la ligne de commande sur mon dos. Peut-être permet-elle d’interagir avec le trône de la vraie mère ?
Il s’agit d’un moyen de mise à feu.
Ces protocoles sont antiques. Et plutôt crus.
Il s’agit d’un moyen de locomotion puissant. Mais pas dangereux.
Je lui ai alors demandée comment la contacter à l’avenir. Elle m’a alors confiée quelques-uns de ses enfants, de petits vomes voyageurs qui se chargeront de lui transmettre les messages.