Ultraviolet Grasslands — Vers les étoiles
Avancée

Journal de Blue
Descente vers l’inconnu
Avec beaucoup d’hésitations, nous avons décidé de descendre dans le gouffre qui vient de s’offrir à nous.
La descente était plutôt facile. Sur les parois, nous pouvions voir différentes strates: poussiéreuses d’abord, puis de plus en plus compactes et homogènes. Parfois, des formes fossiles se dessinent au milieu des anémones qui palpitent. Et partout, ces fibres et ces veines, de plus en plus malléables avec la profondeur.
J’ai fini par me rendre compte qu’il faisait de plus en plus chaud. Des traces de griffes ornent les parois mais aucune trace de la créature. Un mucus luit d’une pâle lueur orangée, suffisamment pour voir sans l’aide des torches.
Nous sommes arrivés au niveau d’une faille, qui s’ouvre en deux couloirs.
Le premier empeste la mort et un liquide brûnatre suinte au sol. Ed nous montre des traces sur les murs, signe que cela fait des années que ça dure. Dame Rüe a refusé catégoriquement d’y tremper les pattes, préférant le coussin tenu par Basile.
Le second ressemble à un tissu cicatrisé et mort. Avec beaucoup de regrets, j’y ai repéré les traces de pas de la bête.
Parasites
Ed décidé de partir en éclaireure, usant de ses ailes. À son retour, elle nous a décrit qu’une vingtaine d’organismes sphétiques –mous et d’une texture proche du poulpe– grignottaient les tisus, au détour d’un coude.
Pendant ce temps, ona surveillé avec anxiété le couloir cicatrisé. Quatre billes de lumière ont finalement fait leur apparition.
Nous avons fui, l’entraînant vers le couloir mort. Nous avons dépassé les parasites, pour arriver un goulot de tissus gris et filandreux.
Dame Rüe ordonna à Basile de se servir des parasites contre notre poursuivant. Basile et Ed se saisirent chacun d’un parasite à pleines mains. J’ai utilisé mon arbalète pour en décrocher un de la paroi.
Derrière moi, j’entendis deux cris de douleur. Les parasites étaient recouverts d’acide et les gants de mes deux compagnons avaient eu le temps de fondre. Mon colis tomba au sol et d’un mouvement réflexe, j’ai donné un coup de pied.
Mon projectile a atteint la bête, comme celui d’Ed. Basile n’a pas eu cette chance. Après avoir lutté contre le parasite, il finit par s’en débarrasser. Je l’entendis clairement dire: “Je m’en vais.”.
Il passa devant la bête sans peine. Cette dernière se faisait lentement mais sûrement dévorer par les parasites.
Dame Rüe avait l’air choquée mais elle resta maitresse d’elle-même. Elle s’est dirigée vers le goulot avec la noblesse de son rang et nous l’avons suivie, laissant derrière nous notre ex-compagnon.
Épine
Après le goulot, nous avons atteint une une bifurcation.
Derrière nous, sur la droite, nous avons repéré un autre couloir de tissus cicatrisés, semblable au précédent.
Et droit devant, un sphincter, fait d’engrenages et de pièces cristalines et scintillantes, nous rappelait étrangement le cercle de cristal du nid vôme.
J’a proposé d’explorer la partie morte, pour être certains de ne pas manquer quelque chose. Sans atteindre la réponse de l’équippée, j’ai couru vers le couloir. Je n’avais qu’une envie: comprendre.
Le spectacle m’a coupé le souffle. Une structure métallique, gigantesque et alienne, était comme plantée dans la Lune Proche. Elle semblait avoir été intégrée dans la chair –si l’on peut appeler ça comme ça– et structure creuse faisant penser au vaisseau des Princes de porcelaines.
Je n’ai pas poussé l’exploration, préférant revenir en un seul morceau.
Machinerie vôme
Pendant mon absence, dame Rüe s’est approchée du cercle. Comprenez qu’il est compoé de pièces cristalines en mouvement perpétuel. Même la chair* n’a pu bloquer le mécanisme. Et comme autour du cercle de cristal, une odeur d’ozone enveloppait les lieux.
De l’autre côté, on pouvait voir une gigantesque salle. Dedans, une structure cristaline pointue ressemblait au vaisseau de notre vision.
À mon retour, je décrivais ce que j’ai vu. D’un côté, nous avions une structure visiblement étrangère. De l’autre, nous avions une structure proche de celle de nos visions.
Nous n’avons hésité longtemps: nous traverserons le disque. Pendant un court instant, j’ai senti mes organes se retourner et un courant parcourir mon bras, comme si nous étions en chute libre. L’horrible sensation s’est vite dissipée.
Le vaisseau
Dans la salle, de petits éclats de cristaux étaient suspendus dans les airs. La paroi de la salle ressemblait à celle en surface, preuve que nous étions encore sur la Lune Proche.
À la base du vaisseau, nous avons repéré un accès. Avec beaucoup de prudence, j’ai approché l’escalier cristallin. À l’intérieur du vaisseau, nous avons entendu un vrombissement sourd, assez familier et terriblement apaisant. Le tout était baigné dans une lumière blanchâtre.
C’était comme si cet endroit nous reconnaissait. Mais bien que familier, il fallait explorer l’endroit. Car devant nous, quatre chemins s’offraient:
- Un escalier qui monte
- Une pente qui descend
- Un couloir à droite
- Un couloir à gauche
L’escalier montant
Nous avons d’abord choisi l’escalier qui monte, espérant trouver une salle similaire à celle de la pyramide. Nous n’avons pas été déçus.
La salle après l’escalier cristallin était pyramidale et reflétait la lumière. La diffraction donnait des arcs-en-ciel.
En regardant de plus près, des yeux laiteux fixaient le milieu de la salle, où se tenait un trône couvert d’aiguilles.
Ed s’adressa au trône
Qui es-tu ?
Guide, éclaireur, cocher, pilote. J’attend.
Qu’est-ce que tu attends ?
Un pilote.
Ed se tourna vers moi, supposant que j’allais tenter ma chance. Elle n’avait pas tout à fait tort, bien que le souvenir de la séance d’acupuncture hantait encore parfois mes rêves.
J’ai fini par céder à la curiosité et me suis a…
Je suis pris au piège par un champ de force.
J’ignore où aller.
Les moteurs sont éteints.
D’accord. Quel est le plan du vaisseau ?
L’escalier qui monte donne vers cette pièce.
La pente qui descent donne vers le Tisseur de force.
Le chemin de droite mène à la Silver machine.
Le chemin de gauche mène aux Archives.
Je finis par reprendre conscience. Les aiguilles sont entrées dans ma chair, laissant plusieurs cicatrices. Je me dis qu’elles seraient du plus ble effet, avec la ligne de commande.
Derrière nous, La vie est un jeu appréciait la scène.
Les archives
Pour comprendre ce qu’il s’est passé et où aller, nous avions besoin d’informations.
C’est une pièce cylindrique qui nous attendait, au sol couvert de miettes de cristaux. Répartis régulièrement, une cinquantaine de piliers hexagonaux se dressaient. Ils était de cristal et à l’intérieur, il semblait pleuvoir.
La vie est un jeu s’est exclamée quelque chose avant de s’approcher d’un corps effondré devant l’un de ces piliers. Nous avions retrouvé Souvenir qu’il vaut mieux oublier.
Son constat état sans appel.
Il n’est plus dedans.
Le pilier s’est alors mis à scintiller. Elle s’en est approchée.
On dirait des cristaux mémoriels. Pour stocker des personnalités.
Ed a déniché ce qu’elle a appelé une interface. Elle marmonna quelque chose, plaça ses mains dessus et demandant à La vie est un jeu d’appeler sa compagne. Selon elle, c’était le meilleur moyen d’attraper sa consience.
La barmaid s’exécuta avant de se désincarner. L’espèce de brume fila devant un pilier, où était piégé une brume similaire.
Je crois qu’il est là, stabilisé. Il peut nous aider, de l’intérieur.
C’est mal rangé. Il a trouvé un genre de carte. Il peut la réorienter vers le Poste de pilotage.
Il est bloqué et ne pourra pas sortir. Le processus définitif.
C’est alors que La vie est un jeu libéra ses deux corps, avant de se diriger vers l’autel de cristal (le scanner selon ses mots). Elle préférait rejoindre sa compagne et pourrait toujours communiquer avec nous, via le Poste de pilotage.
La Silver machine
Maintenant que nous savions où aller, il fallait désormais trouver le moyen de se déplacer.
Nous sommes arrivés dans une autre pièce cylindrique. Au milieu se tenait une machine, argentée, brillante et réfléchissante. Ce que nous prenions pour du métal était en fait un liquide.
Il y avait de l’électricité dans l’air, mais ce n’était pas désagréable. Lorsque j’ai approché le liquide, il s’est ouvert ! C’est sûr ! La machine me reconnait !
Au milieu, pour moi et rien que pour moi, un noyau bleu flottait gentiment. J’ai tendu la main, sentant toute la puissance que j’avais à portée. Les pigments de mon dos –la ligne de commande– ont migré vers la main tandis que la paroi s’est refermée derrière moi.
Mais il n’était pas encore temps. Quelque chose tenait le vaisseau en place. Le champ de force. Et bien que j’avais la puissance de plusieurs soleils sous la main, quels seraient les dégâts ?
J’ai arrêté la mise en marche.
Le tisseur de force
Pour dégager le vaisseau, il fallait savoir ce qui le maintenait immobile.
Nous sommes arrivés dans une pièce où flottaient une vingtaine de sphères, organisées en une double hélice. dans chaque sphère, un liquide verdâtre et gazeux masquait difficillement des restes humains.
Retour au Poste de pilotage
Il nous fallait des réponses.
Ed parla à nouveau au trône et se présenta comme une pilote. Les aiguilles se sont rétractées !
Le tisseur de force contient des anciens|magicien.
Il devait les garder en vie, mais n’a pas été conçu pour durer aussi longtemps.
L’émanation psychique de ces magiciens sorcier est toujours là. Grâce à elle, la Lune Proche flotte.
Ed nous donna alors deux options:
- Briser les sphères. Le vaisseau sera libéré et la Lune Proche partira en orbite.
- Laisser les sphères intactes. La Lune Proche sera brisée en deux lorsque le vaisseau se mettra en mouvement.
Nous avons estimé que briser la Lune Proche mettrait en danger les habitants des prairies ultraviolettes, et plus encore ceux qui sont à sa base. Nous avons alors préféré nous séparer du passé.
Synchronisation
Ça y est, la décision est prise. Nous allions démarrer ce vaisseau.
Ed la vieille s’est mise au Poste de pilotage. Après tout, le vaisseau l’avait reconnue comme pilote. J’ai logiquement opté pour la Silver machine, car je détenais la ligne de commande. Quant à dame Rüe, elle fila au Tisseur de force, pour appliquer notre décision.
Je la soupçonne d’avoir pris un félin plaisir à l’idée de briser des sphères de cristal. Mais ce qu’elle raconta par la suite, c’est que la gravité est devenue nulle, lorsqu’elle a fait son sort à quatre ou cinq sphères.
Considérant ce phénomène comme un signal, j’ai tendu la main vers le noyau. Le vaisseau trembla et se mit lentement en route.
Vers les étoiles
De l’extérieur, l’écharde de cristal s’enfonça dans la roche comme dans du beurre. Elle traversa la Lune Proche, tandis que cette dernière s’éloignait lentement vers son orbite.
Dans la salle de pilotage, La vie est un jeu afficha alors une projection du cosmos. Nous en aurions pour quelques milliers d’années de voyages ! Mais grâce à la technologie du vaisseau, nous serions préservés.
Nous ignorions tout de la catastrophe qui finirait par s’abattre sur les prairies ultraviolettes. Car nous avons été rappelés par la Vraie Mère.